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Morgan Plus 8

Crée en 1968, la +8 accueille en son ventre un v8

Lancée au salon d’Earl’s Court en octobre 1968, la Plus 8 constitue la première grande nouveauté de l’histoire moderne de Morgan. Elle reçoit le V8 3,5 litres Rover en aluminium, une adoption qui illustre la course à la puissance dans laquelle s’est engagée la marque. Ce moteur à carburateurs de 155 ch, au couple de 27,5 mkg, transfigure la Morgan pour en faire l’une des voitures de production les plus brillantes en accélérations.

Ayant pris de l’ampleur par rapport aux modèles à quatre cylindres — grâce à l’élargissement de l’intervalle situé entre les ailes et la calandre —, la Plus 8 offre une silhouette extrêmement plate, très suggestive de l’idée de performances. Par ailleurs, son cockpit est réalisé en aluminium, les ailes étant en acier (en aluminium en option).

La Morgan Plus 8 est d’abord équipée de la boîte de vitesses Moss à quatre rapports, avant que cette dernière ne s’efface en 1972 au profit de la boîte Rover à quatre vitesses. Quatre ans plus tard, la voiture hérite de la transmission Rover à cinq rapports, qui, moyennant quelques évolutions, restera en place jusqu’au terme de la carrière du modèle. Quant au freinage, il est assuré par des disques Girling à l’avant et des tambours à l’arrière.

En 1984, la Morgan Plus 8 est disponible avec la version à injection Lucas du V8 monté sur la Rover Vitesse. La puissance passe alors à 190 ch et le couple à 30 mkg. La Morgan Plus 8 atteint alors un bon 200 km/h, une vitesse impressionnante au volant d’un tel roadster, d’autant que le rapport poids-puissance, inférieur à 4,5 kg/ch, donne un certain caractère à la conduite… En même temps, la voiture reçoit, pour la première fois sur une Morgan, une direction à crémaillère en série. Après deux ans de cohabitation, la Plus 8 à carburateurs sera retirée.

Sur la route, c’est peu dire que la forte présence du moteur s’impose au conducteur de la Plus 8. D’abord par ses qualités musicales, qu’elle doit à la sonorité grave et chaleureuse du V8. Près de 200 ch sur une Morgan, voilà qui promet d’intenses moments d’émotion ! De fait, la poussée est extraordinaire et les reprises impressionnantes. Le plaisir de conduire atteint son paroxysme.

Toutefois, le couple énorme comparé au poids de la voiture, inférieur à 900 kilos, appelle à une certaine circonspection dans les sorties de virages serrés. Et sur route mouillée, le risque de tête-à-queue est permanent pour peu que l’on sollicite les ressources de la mécanique. D’autant que la direction à crémaillère paraît un peu trop démultipliée pour contrôler rapidement les écarts de la voiture, même si elle est dotée d’un pont autobloquant.

Si la Morgan Plus 8 déborde de puissance, elle n’est en rien brutale. L’abondance des chevaux à tous les régimes confèrent à cette Morgan un exceptionnel agrément de conduite. La boîte de vitesses à cinq rapports se révèle agréable et les reprises en quatrième constituent un vrai régal. Equipée d’amortisseurs télescopiques, la voiture saute beaucoup moins sur les irrégularités de la chaussée. Le confort s’en trouve sensiblement amélioré. Jointe à l’onctuosité de son V8, cette qualité fait de la Plus 8 une voiture plus douce et plus civilisée que les Morgan à quatre cylindres.

Quant à la stabilité, elle apparaît en progrès, même si la tenue de cap demeure aléatoire sur mauvaises routes. Et l’on sent que le châssis est mis à rude épreuve. Par contre, le freinage se révèle au-dessus de tout soupçon, les larges disques étant aussi efficaces qu’endurants. La consommation se situe à un niveau assez raisonnable de l’ordre de 13 litres aux 100 kilomètres (sur route). La forte personnalité qui se dégage de la voiture force le respect, en même temps qu’elle inspire une certaine méfiance devant la surabondante cavalerie de son moteur. Surmotorisée, la Morgan Plus 8 est une voiture qui vibre…

La Plus 8 va connaître plusieurs évolutions mécaniques qui iront de pair avec celles du V8 Rover. Elle est dotée en 1990 de la version de 4 litres, à la puissance voisine, mais au couple encore amélioré (31,8 mkg). Essayant la voiture, le magazine allemand Auto Motor und Sport la qualifie de voiture la plus rapide en cinquième vitesse qu’il ait jamais testée, la baptisant « championne du monde de la souplesse ». Autre nouveauté, des roues en alliage léger constituent la monte standard du modèle, alors que des roues à rayons chromées représentent une option.

En 1997, le V8 Rover sera porté à 4,5 litres avant d’être retiré pour cause de non homologation aux normes antipollution. Les dernières Morgan Plus 8 seront construites à la fin 2003 Gilles Bonnafous.

Source de l’essai: http://www.motorlegend.com
Source de la fiche technique: http://www.autotitre.com